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Les rencontres départementales de la laïcité du 29 mai 2015

 
Les rencontres départementales de la laïcité du 29 mai 2015

Crédits: DDCSPP d'Ille-et-Vilaine

Le 29 mai, la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations s'est penchée avec les représentants des associations d'Ille-et-Vilaine et en présence de Patrice FAURE, Secrétaire général de la préfecture, sur la laïcité

Les rencontres départementales de la laïcité du 29 mai 2015

« Se former et échanger pour clarifier son positionnement professionnel pour l'accueil des enfants et des jeunes ? »

Laïcité neutre, voire anticléricale ou laïcité « ouverte » : que nous dit la loi ? Que nous dit l'histoire ?

Comment se positionner selon que l'on est agent d’État ou d'une collectivité, salarié d'une association en délégation de service public ou salarié d'une association de droit privé ?

Comment œuvrer pour éduquer à la laïcité,  à la citoyenneté et au vivre ensemble dans la République.

Voilà les questions sur lesquelles la Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations, soutenue par la Direction de la Coordination Interministérielle et de l'Action départementale  et les délégués du Préfet, s'est penchée avec une cinquantaine de personnes représentant des associations d'Ille et Vilaine le 29 mai dernier, en présence de Patrice Faure, Secrétaire général de la Préfecture d'Ille-et-Vilaine.

A la suite des attentats de janvier 2015 et dans la continuité de la grande mobilisation citoyenne du 11 janvier, les associations avaient sollicité l’État pour travailler en partenariat sur la question de la laïcité : clarifier la connaissance de la loi, réfléchir sur l'application de ce principe dans les structures socio-éducatives et œuvrer pour le vivre ensemble, sans discriminations, dans la République.

Un professeur, historien du droit de Paris VIII a fixé le cadre.
 Dès l'antiquité la société fait une place aux religions polythéistes, jusqu'à ce que le principe chrétien de « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » fasse loi. Le détour par les guerres de religion, la place de la Réforme et des Lumières pour sortir de la vision communautaire de la religion et passer à une conception plus individuelle a permis de mieux cerner le contexte de la loi de séparation des Eglises et de l’État de 1905. Les lois de 2004 et 2010 sur le port du voile dans les écoles, collèges, lycées publics et l'interdiction de la dissimulation du visage dans l'espace public ont aussi permis d'aborder la distinction entre la neutralité et impartialité imposée aux agents d’État et structures en délégation de service public parallèlement à « la liberté de conscience et au libre exercice des cultes sous les seuls restrictions édictées dans l'intérêt de l'ordre public ».

La ligue de l'enseignement 35 a ensuite présenté son expérience de l'éducation à la laïcité. Deux exemples, l'un avec des plasticiens et grapheurs dans un collège, l'autre avec une « classe laïcité » pour une école primaire. Ces deux expériences ont montré l'importance du sujet, sa sensibilité et la nécessité d'un travail sur le long terme avec l'ensemble de l'équipe éducative (enseignants, parents, ATSEM, personnel de cantine et de garderie, animateurs des PEDT…).

L'association « Coexister », nouvellement primée au titre de la démarche « la France s'engage », a présenté son expérience autour de la coexistence active entre personnes de différentes religions et convictions (athées, agnostiques) pour mieux vivre ensemble dans la République.

La plate-forme de lutte contre le radicalisme et le djihadisme a également contribué à clarifier le rôle de protection des mineurs auquel les professionnels de l'enfance et de la jeunesse sont soumis. Repérer les signes d'isolement, décrochage scolaire, propos extrêmes, consultations de site internet et réseaux sociaux qui pourraient mettre en alerte des professionnels. Connaître les démarches à suivre.

Enfin, des ateliers ont été l'occasion  de s'approprier des outils et confronter des pratiques.

Les débats ont été constructifs, parfois emprunts de passion selon les convictions de chacun mais toujours respectueux.

Cette authenticité a mis en valeur toute la complexité du sujet et tout l'intérêt à poursuivre ces formations et ces rencontres.

De manière très concrète, des pistes ont été avancées :

L'ONACVG, présent parmi les participants a fait part de sa mise à disposition de ses services et expositions sur le thème de mémoire et citoyenneté.

Le secrétaire général de la préfecture a invité les participants à venir suivre avec leurs enfants et jeunes de structures des cérémonies de naturalisation pour permettre de vivre des temps fort de la République. Et au-delà à amplifier toutes les démarches des rituels et de la mémoire liés à la citoyenneté

La DDCSPP va mettre à disposition un certain nombre de ressources et rester à l'écoute des besoins et propositions des associations. Une formation « à l'encre citoyens !» ou comment accompagner des adolescents dans la rédaction d'un journal sera ainsi proposée à la rentrée.